08/04/2021 : Adoption de la « Loi Molac »

Importante avancée en faveur de la langue bretonne que l’adoption, jeudi 8 avril 2021,
de la loi sur la protection
et la promotion des langues régionales.

Le mérite en revient à Jean Molac, député de la 4ème circonscription du Morbihan depuis le 20 juin 2012, rapporteur du texte, qu’il convient de féliciter. Très engagé dans la défense de la culture et du patrimoine de la Bretagne, Paul Molac est issu d’une famille d’agriculteurs bretons du canton de Ploërmel. Après des études d’histoire à l’Université de Rennes-II, il fut professeur d’histoire-géographie à Guer. Il a participé à Chom’te, association de collecte de musique traditionnelle dans le pays de Ploërmel, et été engagé activement dans l’enseignement du breton à l’école. Il fut en 2009 le premier président du nouveau Conseil culturel de Bretagne.

La loi « Molac » reconnaît que les langues régionales font partie du patrimoine linguistique de la France. Le texte a été voté en dépit des réticences exprimées par le gouvernement et les députés de La république en marche. Il concerne, outre la langue bretonne, le corse, l’alsacien et l’occitan.

Cette reconnaissance par l’État é été adoptée par 247 voix « pour » et 76 voix « contre » en seconde lecture. Le score est donc sans appel. La conformité de ce texte avec celui voté par le Sénat permet sa mise en œuvre rapide. Dès l’issue du scrutin, Paul Molac et d’autres députés bretons ont entonné l’hymne breton sur les marches de l’Assemblée nationale.

Parmi les nouveautés introduites par la loi, figure l’autorisation de l’enseignement immersif. Il autorise l’utilisation de la langue régionale dans l’enseignement – et non pas uniquement la langue dominante – pendant une grande partie du temps scolaire. D’autre part, la loi prévoit la création d’un forfait scolaire attribué aux écoles privées dispensant une scolarité dans une langue régionale. Cela concerne la dotation que doit verser toute commune à une autre, lorsqu’un enfant est scolarisé dans une commune différente de celle de sa résidence. Ce dernier point a suscité un important débat avant d’être adopté.

L’adoption de la loi s’inscrit dans le mouvement général qui s’exprime à travers le monde en faveur de la promotion des langues locales, à l’instar des textes votés et appliqués depuis 50 ans déjà au Québec. Elle est applicable de façon immédiate.

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